Qu’est-ce qui marche pour qui ?

Qu’est-ce qui marche pour qui ?

« Ce public-là n’est pas réceptif », « ils ne comprennent pas », ou encore « la science, ce n’est pas pour tout le monde ». Pourtant, comme le rappelle l’émission France Culture – Ma parole, il n’existe pas de publics « mauvais en sciences » par nature. Il existe surtout des situations plus ou moins adaptées aux personnes à qui l’on s’adresse.

Tous les publics n’apprennent pas de la même manière

Le cœur du travail de médiation consiste à ajuster la forme, le rythme et les supports. Chaque public arrive avec son âge, son expérience, son rapport au savoir, ses capacités sensorielles ou cognitives. Le défi n’est donc pas de changer le contenu scientifique, mais de moduler la manière de le transmettre : niveau d’abstraction, vocabulaire, durée, interactions, supports mobilisés.

Jeunes enfants : explorer avant de comprendre

Chez les enfants de maternelle ou du début du primaire, l’apprentissage passe avant tout par le concret, le mouvement et le jeu. Ils sont très sensibles aux histoires, aux personnages, aux objets à toucher et à manipuler. À cet âge, l’objectif n’est pas de tout expliquer, mais plutôt d’explorer, de s’émerveiller et d’éveiller la curiosité scientifique.

Primaire et début collège : structurer sans abstraire trop vite

Les élèves plus âgés commencent à pouvoir suivre un raisonnement simple, à condition qu’il reste ancré dans le réel. Les expériences courtes, les dessins, les récits, les quiz ou les jeux de rôle fonctionnent particulièrement bien.

Collège et lycée : capter l’attention

Les adolescents peuvent gérer davantage d’abstraction, mais restent très sensibles à l’ennui. Pour maintenir l’engagement, il est utile de varier les formats :

  • débats,
  • enquêtes,
  • projets collectifs,
  • analyse de données réelles,
  • liens avec l’actualité scientifique et sociétale.

Multiplier les supports (vidéo, audio, manipulation, écriture, discussion) permet de maintenir une dynamique et de donner du sens aux notions abordées.

Adultes et grand public : partir de l’expérience vécue

Les adultes arrivent rarement « vierges » face à la science. Ils ont déjà des pratiques, des croyances, parfois des inquiétudes ou des opinions bien ancrées. Ce qui fonctionne le mieux est souvent de :

  • partir de leurs questions,
  • relier la science à leur quotidien,
  • valoriser leurs savoirs d’expérience.

La médiation devient alors un espace de dialogue plutôt qu’une simple transmission.

Publics spécifiques : penser l’accessibilité dès le départ

Adapter la médiation est essentiel pour les publics ayant des besoins spécifiques :

  • Difficultés de lecture : privilégier l’oral, les images, la manipulation.
  • Publics allophones : gestes, objets, dessins, vocabulaire simple.
  • Personnes malvoyantes : son, toucher, descriptions orales riches.
  • Personnes malentendantes : supports visuels, écrits, gestes, sous-titrage.
  • Personnes neuroatypiques (TSA, TDAH…) : structure claire, consignes simples, possibilité de bouger ou de s’isoler du bruit.

Ces adaptations ne profitent d’ailleurs pas qu’aux publics concernés : elles enrichissent souvent l’expérience pour tout le monde.

Durée, supports, niveau de langage, place laissée à l’expérimentation… autant de leviers pour rendre la science plus inclusive, plus vivante et plus accessible.

Pour savoir « Ce qui marche et pourquoi » : cliquez ici
Pour savoir pour « Comment agir en tant que médiateur·ice » : cliquez ici

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