La science du bout des doigts

La science du bout des doigts

En médiation scientifique, tout semble être fait pour la vue : affiches, vidéos ou objets sous vitrines. Cependant, le toucher représente une grande part de nos manières d’explorer, de représenter et de comprendre le monde qui nous entoure. Et si on le remettait au centre de nos manières de présenter la science ?

Pourquoi le toucher ?

Le toucher nous permet d’appréhender le monde d’une autre manière. Grâce aux capteurs présent sous notre peau qui transmettent des informations au cerveau, notre corps peut découvrir des aspects d’objet qui ne serait pas visible à l’œil : une texture, une température ou bien une forme. Grâce à ce sens exploratoire, on se fait une idée plus juste du réel.

En rendant une expérience active par le toucher, on permet également une meilleure mémorisation. Une expérience vécue reste toujours plus mémorable que quelque chose que l’on observe simplement. De plus, le toucher permet de rendre médiation accessible à des publics pour lesquels elle n’est pas adaptée à l’origine, tel que les personnes malvoyantes ou aveugles.

Intégrer le toucher dans la médiation

Manipuler

Mettre à disposition des visiteurs des objets, des maquettes, des spécimens ou encore leur permettre d’effectuer des manipulations permet de rendre la science plus palpable. Comparer des roches, assembler une structure ou encore toucher un spécimen dans un musée, tout cela change la manière de retenir une information tout en rendant le visiteur explorateur de son savoir.

Rendre le monde tactile

Certaines données paraissent moins manipulables que d’autres. Et pourtant en les transformant en objet tactiles tout cela peut changer. Une carte peut devenir une carte en relief ou des objets inaccessibles en raison de leur taille peuvent être modélisé en 3D afin d’y accéder. Même les données, comme des courbes ou des structures astronomiques, peuvent parfois être « traduites » en relief ou en textures.

Exemples de médiation par le toucher

Le Muséum d’Histoire Naturelle de Londres

Au sein de ce musée, des chercheurs ce sont penchés sur le fait de transmettre des informations par le toucher. Pour faire cela, il se sont attelés à créer des modèles 3D de données microsocopique, afin de les rendre tactiles. Ce projet, appelé « Make It Visible » ou « Rendez-le visible » en français, a pour objectif de rendre accessible aux personnes malvoyantes un outil qui permet d’enseigner l’histoire naturelle, la microscopie et le monde qui nous entoure, même si l’on ne le voit pas.

Le musée national de la Marine à Paris

Ce musée intègre depuis sa réouverture une démarche d’accessibilité universelle, conçue pour permettre à tous les publics, y compris les personnes aveugles ou malvoyantes, d’accéder comme il se doit aux collections et à leur médiation. Parmi les dispositifs mis en place figure le parcours « Essentiels », composé de stations de médiation tactiles réparties dans les salles. Chaque station associe objets à toucher, maquettes et modèles tactiles, cartels en braille et écrans tactiles adaptés, accompagnés de contenus en audiodescription et de textes en formats accessibles (FALC, langue des signes, gros caractères). Tous ces processus permettent une exploration sensorielle active des collections.

Pour en savoir plus sur le MHN de Londres : cliquez ici
Pour en savoir plus sur le Musée de la Marine de Paris : cliquez ici


Le toucher est un sens fort qui permet de comprendre et de mémoriser mais aussi de rendre la médiation plus inclusive, plus vivante et plus engageante. Le tactile crée une expérience plus immersive, parfois même plus émotionnelle, qui donne envie de s’attarder et de s’approprier un contenu.

Au côté de la vue, il pourrait enrichir les manières de faire découvrir la science. Alors, pourquoi ne pas laisser les visiteurs toucher un peu plus la science ?

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